« Cher Paul Harris, je vous souhaite d’avoir toujours une vie lumineuse, pleine de sens et de saveurs où l’on sache encore parler du Rotary avec finesse et le penser et l’exprimer avec liberté. »
Et pour recueillir ses confidences, je l’entraînerai au Harry’s bar de Venise, certainement un des plus iconiques, à quelques encablures de la Place Saint-Marc.
Un des plus beaux aussi, au sens romantique et historique avec une ambiance élégante, presque hors du temps.
Et entre un cocktail Bellini et un carpaccio, je lui redirai toute mon admiration d’avoir initié ce mouvement qui a traversé plus de 120 ans d’histoire avec alacrité, et qui a procuré beaucoup de sens à la vie de certains et de l’amour à tous les autres.
Mais il me dirait qu’aujourd’hui d’autres défis doivent être relevés et notamment celui de l’Intelligence Artificielle.
Alors comment faire, même si l’on constate, hélas que les écrans brillent de plus en plus et les regards de moins en moins ?
Il ajouterait qu’il faut avancer car la nostalgie n’a jamais été une stratégie et que nous ne devons pas nous languir, en rêvant de retourner au monde d’autrefois.
Et comme nous devons toujours nous concentrer sur la construction d’un monde meilleur, il faudra s’aider de l’IA pour y parvenir, même si l’obsession de la sécurité matérielle et la tentation du confort universel nous guide souvent…
Mais attention aussi à la surenchère autour de l’IA qui pourrait nourrir l’idée que la machine nous libèrera de toutes les peines et nous installera dans des colonies de vacances éternelles, comme dans le meilleur des mondes d’Aldous Xuxley.
L’IA doit être utilisée comme un nouveau levier créatif pour davantage de services aux personnes et au monde.
Et le Rotary, dans tout ça, il pourrait représenter « la joie du carburateur » avec des relations humaines devenues encore plus précieuses dans un monde saturé de machines.
Un Service démultiplié et décentralisé mais qui préserverait avant tout l’humain dans toutes ses décisions.
Toutefois le Rotary est adaptable et il deviendra certainement encore plus agile et plus attractif.
Chacune de ses actions pourra être mesurée et améliorée.
À la condition que chaque membre suive une formation continue pour n’utiliser qu’une IA responsable et ouverte à de grandes innovations .
Car le Rotary a certainement un «bundle»(faisceau) fort qui ne peut être défait, et dans cas l’IA ne pourra pas le dénaturer.
Les Rotariens pourront voir alors leurs performances s’améliorer sans perdre toutefois le contrôle de ce qui fait leur exception durant toute croisade, passée à trotter au service des autres.
Mais Cher Paul Harris, ayons confiance et gardons le moral, car même s’il s’agit d’un grand chambardement depuis l’avènement du Web, nous en avons vu d’autres.
Et d’ailleurs c’est vous qui écrivait à l’époque :
« Tant que l’herbe sera verte et que les fleuves se jetteront dans la mer, le Rotary continuera d’honorer son idéal, celui de Servir »
Mais nous pourrons en reparler avec nos lecteurs, au Harry’s bar de Chicago pour les 125 ans du Rotary.
Francis Nidecker Responsable de la LDG.
Club de Toulouse-Ovalie.