Mon parcours de Montpellier à la Banque Mondiale

Dans l'édition de la Lettre du Gouverneur de février, vous avez pu lire le rapport de Pauline Deschryver, parrainée par le Club de Montpellier, ayant obtenu une bourse d'étude de la Fondation pour rejoindre le Master in Public Administration in Development Practice  (MPA-DP) de la fameuse Columbia University à New York.

La rédaction de la Lettre du Gouverneur avait envie d'en savoir plus sur cette jeune femme, au parcours professionel déjà exceptionnel, qui aujourd'hui travaille à la Banque Mondiale.

 

La rédaction de la Lettre : Merci Pauline d'avoir pris le temps pour répondre à nos questions. Dans l'édition de février, les lecteurs de la Lettre du Gouverneur ont pu lire votre rapport final couvrant la période d'étude de la bourse octroyée par la Fondation Rotary. Nous souhaiterions en savoir plus sur votre parcours, qui êtes-vous Pauline ?

Pauline : Je suis née à Montpellier où j'ai aussi étudié en classe préparatoire pour préparer le concours aux Grandes Ecoles. J'ai intégré HEC qui m’a donné l’opportunité d’aller au Japon dans le cadre d'un échange académique à Keio University. Trouvant un grand intérêt aux affaires internationales, j'ai rejoint le double diplôme avec Sciences Po Paris. Durant cette scolarité, j'avais réellement envie de concilier mon intérêt pour les affaires internationales, la géopolitique et le service public, et j'ai fait des stages à New York, à Paris et à Bruxelles notamment avec le Secrétariat Général des Affaires Européennes (SGAE) auprès du Premier Ministre et la Représentation Permanente de la France auprès de l’Union Européenne.

Mon diplôme HEC-Sciences Po en poche, j'ai rejoint le SGAE sur un poste passionnant où les problématiques économiques de développement de certains pays d'Afrique revenaient assez souvent dans les dossiers à traiter. Souhaitant approcher ces questions au plus près, j'ai rejoint un cabinet de conseil spécialisé dans les pays fragiles et post-conflit qui accompagne les gouvernements dans leur stratégie de reconstruction économique. Ce cabinet a notamment accompagné le Rwanda post 1994 après le génocide ainsi que la Guinée en 2014 suite à l'épidémie d'Ebola. J'ai intégré le bureau d’Abidjan de ce cabinet de conseil où j'ai travaillé pendant près de quatre ans dans de nombreux pays du continent, en particulier en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Rwanda et en Ethiopie en relation avec les cabinets ministériels de ces pays mais aussi avec des organisations internationales telles que l’ONU, la Banque Mondiale et la Banque africaine de développement.

 

La rédaction de la Lettre : Pourquoi avoir repris des études à l'Université de Columbia ?

Pauline : Durant cette expérience en Afrique, j'ai constaté qu'avant de construire une stratégie de développement par exemple dans le domaine du tourisme ou celui du développement des PME, il était primordial d'avoir préalablement des infrastructures solides et j'ai eu envie, en reprenant mes études, d'approcher ces questions par le prisme économique. J'ai donc décidé de poser ma candidature à l'Université de Columbia aux Etats-Unis, classée première université de politique publique au monde et disposant d’un cursus dédié de deux ans en économie du développement qui me faisait rêver.

 

La rédaction de la Lettre : C'est à cette occasion que vous avez découvert le Rotary ?

Pauline : Oui…J'avais vu sur Internet que le Rotary octroyait des bourses mais je n'y croyais pas trop et je voyais le Rotary comme quelque chose de feutré et d'impénétrable. C'est ma tante, qui par son métier de factrice connaissait quelqu'un au Rotary, me parla de cette organisation et m’encouragea à déposer une demande de bourse. Je me rappelle, avec beaucoup d'émotion car j'avais le trac, la soirée au Rotary Club de Montpellier pour présenter mon projet d'études à Columbia et convaincre les membres du club à soutenir ma demande de bourse. Postulant à la Bourse mondiale dans le cadre de l’axe de l’accès à l’eau, j’avais préparé une présentation sur les enjeux du stress hydrique en Afrique et comment mes études me permettraient de contribuer à des projets dans ce secteur. J'ai été reçue avec beaucoup de bienveillance et ce fut un moment très fort au cours de ces dernières années.

 

La rédaction de la Lettre : Quels bénéfices tirez-vous de ces deux années d'études à Columbia ?

Pauline : Une propension à dire « oui » ! Pendant ces deux années, j'ai non seulement passé beaucoup de temps à la bibliothèque à étudier les enjeux macroéconomiques mais j’ai surtout multiplié les expériences me permettant de développer mes compétences et connaissances sur les défis actuels du développement durable. Mon intérêt pour les infrastructures m’a amenée à réfléchir la manière de les financer durablement, ce que l'on appelle la finance verte et durable. J’ai travaillé dans des institutions financières à Londres et à New York, co-écrit un article dans une revue académique et un chapitre de livre sur ce sujet, enseigné à Columbia et travaillé avec une équipe de la Banque Mondiale sur un projet de verdissement des fonds de pension.

J’ai aussi eu beaucoup de chance de participer et de rencontrer des personnes fabuleuses : je vivais dans une résidence centrée sur la communauté internationale, j’étais entourée d’étudiants et d’élèves brillants et aux parcours incroyables et j’ai aussi participé à des voyages d’études en Asie Centrale et en Chine – ce fut incroyable !

 

La rédaction de la Lettre : Depuis la fin de vos études aux Etats-Unis, comment s'est déroulée votre recherche de poste ?

Pauline : Dès la fin 2019, j'avais commencé à regarder les pistes possibles dans les institutions internationales dont la Banque Mondiale. En mars 2020, lorsque l'épidémie de COVID a commencé à prendre de l’ampleur aux Etats-Unis, les étudiants étrangers ont été "renvoyés" chez eux et je suis rentrée en France où j'ai fini mes études en ligne. J’ai même été diplômée en ligne en mai... En parallèle de mes cours, j’avais des entretiens avec la Banque Mondiale et d’autres organisations, publiques et privées...ce fut un long processus. J’ai finalement eu trois offres, ce qui est assez extraordinaire étant donné le contexte socio-économique. J’ai accepté avec beaucoup de joie l’offre de la Banque, reçue en juin, et qui correspondait vraiment à mon métier rêvé.

 

La rédaction de la Lettre : Quelle est votre mission à la Banque Mondiale ?

Pauline : Au sein du Groupe Banque Mondiale, j'ai rejoint la Société financière internationale (anciennement SFI, désormais IFC par son abréviation en anglais). Son rôle est de financer le secteur privé ainsi que les entités infranationales pour faciliter leur développement dans les économies en développement et émergentes. Je suis dans l’équipe Upstream infrastructures Afrique et Moyen-Orient, qui a vocation à accompagner des projets dans le secteur de l'eau, des transports, de l'énergie, des télécoms et du traitement des déchets sur les 65 pays de la zone. De plus, du fait de mon expérience sur les finances "vertes" et "durables", je suis chargée d'identifier des projets qui s'alignent avec les objectifs climatiques.

 

La rédaction de la Lettre : Quels sont les défis que vous rencontrez depuis votre arrivée à la Banque mondiale?

Pauline : COVID oblige, j'ai rejoint la Banque Mondiale en ligne. Aujourd'hui, au bout de plusieurs mois, je suis toujours en télétravail. C'est une manière assez spéciale de commencer dans un nouveau poste. Toutefois, et à ma grande surprise, j’ai pu créer des relations merveilleuses avec nombre de mes collègues basés à Tokyo, Washington ou Dakar.

Je trouve que pour cette institution de plus de 10 000 employés, elle a su relever le défi du télétravail ! Le poste que j'occupe actuellement sera basé à terme au Kenya à Nairobi qui est le troisième plus grand bureau après celui de Washington, le siège, et celui de Chennai en Inde.

 

La rédaction de la Lettre : Pouvez-vous nous parler d'un projet sur lequel vous travaillez ?

Pauline : Actuellement, je travaille sur trois projets, deux dans le domaine de l'eau et un sur les télécoms. Le premier sur l'eau concerne un pays de l'Afrique de l'Est et il a pour but d'installer des stations fournissant de l'eau potable à des populations qui en sont démunies. La Banque Mondiale va financer ces stations dans un partenariat public-privé avec le gouverneur du pays concerné. Le second concerne un déficit d'accès à l'eau dans une capitale d'un autre pays de l'Afrique de l'Est. Il existe déjà un opérateur privé qui distribue l'eau mais qui a besoin de s'agrandir pour pouvoir desservir toute la capitale. Notre mission est d'étudier comment financer cet opérateur pour répondre à ce défit.

 

La rédaction de la Lettre : L'eau est un axe stratégique de la Fondation Rotary, seriez-vous disposée à apporter votre expertise à des clubs du District qui souhaiteraient mener des actions internationales dans ce domaine ?

Pauline : Oui bien évidemment sur des projets de ma zone d'action : l'Afrique de l'Est, Madagascar et les Comores, c'est avec plaisir que je répondrai aux sollicitations des clubs du District 1700.

 

La rédaction de la Lettre : Vous avez certainement en tête un plan de carrière, quelle histoire voulez-vous écrire à la Banque Mondiale ?

Pauline : Pour l'instant, je suis passionnée par ce que je fais. Je travaille sur des pays ayant des cultures différentes, où les enjeux sont divers et il est difficile de s'ennuyer. Ce qui m'importe c'est la recherche du sens dans les projets sur lesquels je travaille et cette recherche est là au quotidien ! La Banque Mondiale est une grosse institution où il est facile de changer de poste et la mobilité géographique est encouragée.

 

La rédaction de la Lettre : Pour terminer cette interview, dans votre rapport vous indiquez : « La bourse du Rotary, octroyée à l’été 2019, m’a soulagée d’un poids immense, m’ouvrant la porte de l’exploration intellectuelle et de la rencontre avec une communauté internationale aux expériences toutes plus fascinantes les unes que les autres » Pensez-vous que cette bourse a changé votre vie ?

Pauline : Reprendre les études à 30 ans, ce n'est pas chose facile surtout à New York qui n'est pas très accessible quand on est étudiant. La bourse du rotary m'a donnée une tranquillité d'esprit sur le plan financier, me permettant d'être plus ouverte à des expériences et des rencontres très enrichissantes. La bourse m'a permis aussi de faire de belles rencontres sur le plan social, de découvrir le Rotary par l'intermédiaire des clubs d'Harlem et de Montpellier que je remercie de nouveau. Je suis très fière d’avoir représenté le Rotary en qualité de boursière mondiale et suis très honorée et reconnaissante de la confiance de votre Organisation.

 

La rédaction de la Lettre : Pauline, nous vous remercions chaleureusement pour avoir répondu à nos questions et nous vous souhaitons bon courage et une bonne réussite pour tout ce que vous entreprenez à la Banque Mondiale.

 

Article rédigé par Léon Serrurier

Relecture par Pauline Deschryver

 

 

> Retrouvez le rapport de Pauline Deschryver : cliquez ici

> Pour la contacter : cliquez ici

Présentation du rapport final au Club de Montpellier

Lettre du Gouverneur - Avril 2021

Le Rotary a à cœur d’aider à travers le monde mais aussi au pas de sa porte

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Des nouvelles de la Fondation District 1700

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La subvention et le financement sont exclusivement réservés à l'achat de matériel au bénéfice de la collectivité.

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